mercredi 25 juin 2014

MJJ, la légende continue...



Ah ! Michael…
Ce que tu me manques… !
Cinq ans déjà que tu es parti. Bien heureusement, ta musique, tes vidéos, tes images continuent de me consoler du vide immense laissé par ton départ.
Comme tout jeune de ma génération, j’ai été très tôt gavé de musiques locales, persuadé que rien ne se faisait de mieux ailleurs. Puis il y a eu le déclic… Vacances 99 ! Auréolé d’une bonne année scolaire, j’avais décidé de me la couler douce en faisant de la musique mon programme quotidien. C’est ainsi que par la magie d’un échange de cassettes avec un pote, je t’ai découvert. (Bien sûr, ton nom et ton œuvre ne m’étaient pas inconnus. J’ai même eu la grâce, alors que j’étais plus jeune encore, de découvrir la vidéo de ton sulfureux Black or White dans le mag’ de midi de la télévision nationale. Ce jour-là, époustouflé par ta beauté quasi féminine, j’ai bien cru que tu étais une femme. (Bon, une femme qui criait un peu trop, c’est vrai…)
En 1999, disais-je, je t’ai véritablement découvert, et avec toi, ton œuvre. A l’époque, je me surprenais souvent à écouter dix fois de suite certains de tes morceaux. J’ai alors compris qu’avec toi, il y avait un truc. Oui, tu m’es apparu comme cet élève dont le prof sait qu’il mérite d’être dans la classe supérieure, tellement il surclasse ses amis. Tu m’es apparu comme ce que tu es : hors catégorie, hors compétition, hors hiérarchie, hors classe… J’ai alors commencé à collectionner tes œuvres. Je me souviens que le premier album que j’aie acheté de ma vie, c’était ton fameux double album History.  
Quelle joie, ce jour-là, de le tenir entre mes mains et de me dire que plus jamais aucun animateur radio ne me gâcherait l’écoute en posant sa voix sur un de tes morceaux ou en l’interrompant par la pub ! Oui, j’en ai nargué plus d’un avec, persuadés qu’ils étaient d’être en présence d’un CD – hors de prix à l’époque. Après, j’ai enchaîné avec Dangerous, Thriller, Bad, Blood on the dance floor, Invincible, et j’en passe ; mon appétit de tes merveilles sonores allant crescendo.

A partir de là, j’ai initié les journées spéciales MJ, ces moments-là où je n’écoutais que toi, où je ne voyais que toi, où je ne parlais que de toi. Après, j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre que tu étais l’invité spécial des Koras Music Awards de 1999.  

 Le soir de la cérémonie, je me suis préparé à dormir au petit matin s’il le fallait. Oui, j’étais tout excité à l’idée de te voir en terre africaine après le rendez-vous manqué quelques sept ans plus tôt. (C’est vrai que je n’étais qu’un gosse encore lorsque tu foulais le sol ivoirien...)
Et lorsque j’ai vu ton sourire angélique à l’écran, j’étais en extase. Puis le temps a passé… D’ailleurs, si je veux continuer de parler de ma rencontre avec toi, on n’en finirait pas. Avançons donc…
J’ai toujours dit et soutenu que sur terre, il y a deux artistes : Michael Jackson et cet autre artiste incarné par l’ensemble de tous les autres. Oui, à toi seul, tu vaux autant sinon plus que tous les autres réunis. C’est pourquoi, aussi paradoxal que cela puisse paraître, au fil du temps, j’ai commencé à moins écouter ta musique, à voir tes vidéos moins souvent, car lorsque je décide de le faire, je ne peux rien faire d’autre que cela. Lorsque je décide d’écouter MJ, je n’écoute que lui toute la journée. Lorsque je décide de parler de MJ, on ne m’arrête plus. En fait, j’évite de te mélanger avec les autres. Ceci pour dire que tu as toujours occupé une place spéciale dans la section « coups de cœur » de mon cœur. Tu es parti sans être parti, car dans ma tête, ta musique continue de résonner ; devant l’imaginaire de mes yeux, tes vidéos continuent de défiler
Tous ceux qui t’ont critiqué, qui t’ont humilié, ne t’ont en réalité jamais connu. J’ai d’ailleurs fini par éviter de parler de toi parce que je me suis rendu compte qu’autour de moi, personne ne te connaissait vraiment. Certains m’ont demandé : « Mais qu’est-ce qui l’a donc pris de se décaper alors qu’il était si beau, noir ? »
Oui, je me revois en train de tenter de leur expliquer pourquoi tu en es arrivé à t’éclaircir la peau. Bien sûr, beaucoup ne m’ont pas cru lorsque je leur ai sorti le mot « vitiligo » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitiligo). Bien sûr, aveuglés par leurs élans railleurs et/ou leur inculture de ta biographie, ils ont manqué de remarquer que tu étais devenu plus blanc que blanc. Ils ont manqué de se demander si, quelque part, tu n’y avais pas été contraint. D’autres encore ont prétendu que la clarté, la pureté de ton timbre vocal, tu la devais à un appareil implanté dans ton gosier. Je ne parle même pas des actions en justice initiées par ceux qui, pour se procurer de vils butins, avaient décidé de surfer sur ton amour naturel pour les enfants… C’est si facile, si mesquin de critiquer quelqu’un qui avait atteint ta notoriété. Oui, le revers de la notoriété des uns, c’est de développer parfois chez les autres un sentiment de jalousie et d’avidité… Ils ont donc tout mis en œuvre pour te détruire : critiques aussi infondées que lâches, attaques aussi injustes que ridicules, procès aussi farfelus que tragiques… Peu à peu, ils ont réussi à te détruire, à déconstruire ta vie ; cette vie que tu as mis tant d’énergie, tant d’ardeur à construire. Mais ils n’auront toujours que l’illusion de t’avoir brisé, car ton œuvre a survécu, et pour toujours.
On parlera toujours de toi, de ta grandeur, de la joie que tu as su procurer à cette planète. Je me marre encore lorsque je me rappelle ces interrogations au lendemain de ton départ. « Qui va lui succéder ? » « Qui sera le prochain MJ ? » On se risquait même à avancer des noms… Pour moi qui te connais, il est clair que tu es unique et que ça ne sert à rien de chercher à te remplacer, car on n’y arrivera jamais. Ces frissons que me donne ta musique, ce regard hypnotique que j’ai face à tes vidéos, je ne pourrais – même en me forçant – le ressentir devant aucune autre œuvre musicale. Alors, moi, je ne te remplacerai jamais par quelque artiste que ce soit, fût-il talentueux…
Mon plus grand désarroi restera le report de This is it.  Ah ! Ce que nous étions nombreux à attendre cette ultime tournée. Et puis, au matin du 25 juin 2009, j’apprends que tu es parti et que tu as remis cette série de spectacles à plus tard. Sans même daigner nous prévenir, nous tes fans. (Je parle des vrais et non de ceux qui le sont subitement devenus en apprenant que tu avais pris congé.) Bien évidemment, lorsque j’ai vu la terrible annonce sur l’écran de mon téléphone, j’ai cru à une nouvelle blague de mes copains et je me suis plutôt renfoncé sous les draps. Oui, pour moi, tout le monde pouvait dire au revoir, sauf toi, d’autant plus que j’attendais avec impatience que démarre ta tournée d’avant retraite. Et puis, au cours de la journée, j’ai dû me rendre à l’insupportable évidence… Je me suis souvenu qu’à nos débuts j’avais décidé que Beat it serait la première chanson que j’écouterais le jour où on m’apprendrait que tu es parti. (Il se dégage de cette chanson tellement de jeunesse et d’insouciance, ça paraît tellement une invite à la bonne humeur…) Mais ce jour-là, j’en suis arrivé à oublier ce projet. Ah ! Je me souviens comme si c’était hier de cette cérémonie d’hommages au Staples Center de Los Angeles. Je revois, les larmes encore plein les yeux, le défilé de ces stars reprenant tes tubes. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu à couler des larmes pour quelqu’un que je n’avais jamais rencontré. Mais est-il encore besoin que j’explique ce lien émotionnel et fusionnel qui nous unissait ?...
Tu vois, c’est bien ce que je disais plus haut : quand je commence à parler de toi, on ne m’arrête plus. Mais, étant donné le fait que l’espace est limité ici, je vais m’arrêter là, non sans t’exprimer à nouveau ma joie d’avoir été ton contemporain. Certes, moi aussi, je quitterai un jour ce monde. Mais je partirai heureux d’avoir connu ton œuvre. Et une fois là-bas, au Paradis, rappelle-moi de tenter de convaincre le bon Dieu de transformer l’un de tes tubes en cantique. Je pense déjà à Will you be there…

jeudi 9 janvier 2014

Les disparus de Sylvestre... Ceux de trop !




          
Corps inanimés ou, au mieux, particulièrement meurtris... Vêtements, sandales et autres accessoires éparpillés... Installations sécuritaires (?) dévastées... Le décor est digne d'un champ de bataille. Mais, non ! Nous sommes plutôt là où l'on a inventé depuis peu le "champ de bousculade". Souvenez-vous, après-midi du dimanche 29 mars 2009, même lieu et à quelques heures près : Côte d'Ivoire vs Malawi... Comment en est-on à nouveau arrivés là, à cette extrême...?
Etourdis par le trop-plein de lumière, embrouillés par les éclats d'artifice, hypnotisés par les promesses de lendemains meilleurs, des curieux ne seront entrés dans le nouvel an que pour quelques minutes. La faute à leur désir d'oublier un tant soit peu leurs affres quotidiennes pour s'évader, le temps d'une projection de couleurs dans le ciel obscurci par des ressentiments que nous n'avons pas daigné laisser mourir avec l'an 2012. Moi, je continue de m'interroger... Le choix de l'évasion est-il le meilleur lorsqu'on a une réalité des plus impitoyables qui nous attend à notre retour à la mesure des choses ? Si oui, a-t-on vraiment besoin de parcourir des kilomètres, surtout avec toute sa famille, pour aller admirer quelque chose qui apparaît plus truculent lorsqu'il est vu loin de l'endroit où il se déroule, chez soi par exemple ? Diantre ! que foutaient donc ces vieillards, ces femmes enceintes, même ces bambins dans un espace clos et littéralement surchargé au-delà des minuit, fût-on à l'orée d'un nouvel an ? Loin de vouloir m'acharner sur des âmes déjà évaporées et sur des anatomies déjà soumises à rude épreuve, ces mots pour exprimer juste mon ras-le-bol de ces comportements trop peu responsables qui nous coutent aussi niaisement ces nombreux blessés et ces pertes massives en vie humaine. 
                               
Par ailleurs, sans vouloir entrer dans le débat par trop vaseux et infructueux du "Qui a fait quoi?" (laissons les politiques s'embourber dans leurs boueuses élucubrations) et sans attendre non plus que se referme pour une fois une enquête ouverte en la matière sous nos cieux (les habitudes ont la peau tellement revêche par ici), je voudrais juste qu'on s'incline en ce premier jour de deuil national sur la mémoire de ces nouveaux disparus en masse. 
Puisse la terre de plus en plus gloutonne d'Eburnie s'en repaître pour ne pas nous en redemander de sitôt... Egalement, prompt rétablissement à tous ces nouveaux pensionnaires des CHU.
Et, plus jamais ça!


PS : article re-daté pour cause de suppression involontaire