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mardi 12 avril 2016

Pourquoi des gens n'aiment pas Cristiano ?


PROPOS D’APRÈS-MATCH, DANS LES TRIBUNES DE SANTIAGO BERNABEU

- Papa, s'il te plaît, pourquoi des gens n'aiment pas Cristiano ?
- Ah, fiston, j'apprécie à sa juste valeur la sagacité de ta question. Tu portes vraiment mon sceau chromosomique. En plus, tu fais partie intégrante de mon patrimoine génético-idéel.
- J'ai rien compris, papa.
- Oh, pardon ! Je me croyais de l'autre côté. Eh bien, pour revenir à ta question, mon enfant, sache qu'il y a trois possibilités. 1/ Ces gens ne connaissent pas le foot. 2/ Ils n'ont pas de goût. 3/ Ce sont des sorciers.
- Ah, je vois, papa. On dirait même que la bonne réponse, c'est la 3. Parce que j'ai remarqué que ces gens adorent en général le faux messie.
- Ooh, mon bébé, viens là dans mes bras. Mon sang coule vraiment dans tes veines. Tu as un tel sens de la déduction...
Petite accolade.
- Mais et toi papa, depuis quand as-tu commencé à aimer Cristiano ?
- Belle question, fiston. Moi, je fais partie de ses admirateurs de la première heure. Depuis ses débuts au Sporting de Lisbonne. Avant même qu'il ne devienne la star planétaire que beaucoup ont découvert plus tard ou qu'ils ne reconnaissent que maintenant. Ce joueur est tout simplement exceptionnel. Il pulvérise tous les records. En plus, il est un peu prophète. Regarde toi-même, mon enfant. Avant le match de ce soir, il annonce que la soirée sera magique. Et à lui tout seul il réussit effectivement à renverser un scénario que tous les supporters, commentateurs et spécialistes donnaient pour insurmontable. Non, ce gars n'est pas simple !
- Merci papa, j'ai beaucoup appris aujourd'hui.
- De rien, fiston. Et n'hésite pas à revenir si tu as d'autres questions aussi pertinentes.
#ihatebarçaforever

lundi 9 février 2015

Les éléphants, rois d'Afrique !!!


Les éléphants ont tout - ou presque tout - écrasé sur leur passage en cette année bénie de 2015. Opposés à des cousins éléphants dès le premier match de cette compétition de la jungle, les pachydermes de Côte d'Ivoire n'ont pas voulu créer de conflit familial. En plus, les cousins guinéens étaient déjà trop fragilisés par l'épidémie d’Ebola sur leurs terres. C'est ainsi que les deux groupes d'éléphants ont finalement coupé la poire en deux. Quatre jours plus tard, c'est une colonie d'aigles qui viennent défier l’animal le plus lourd de la jungle. Mais en dépit de leur vivacité, les oiseaux de proie n'auront pas réussi à terrasser les pachydermes. Un dernier duel est donc imposé aux éléphants pour les départager dans ce groupe fort relevé. Il s'agit de celui les opposant à des lions dits indomptables, tant leurs crocs sont acérés. Mais c'est là que commencera véritablement la révolution de la jungle. Les fauves prétendus rois de la forêt sont dispersés de façon magistrale par les coups de trompes des pachydermes. Au tour suivant, rencontre avec des fennecs particulièrement agressifs et dont le petit gabarit en fait des adversaires fort redoutables. Mais là encore, les éléphants éjectent les fennecs de l'arène. Ensuite surgissent des léopards qui comptent sur leur rapidité d'exécution pour mettre à mal les éléphants. Mal leur en a pris... Ils sont décimés par les pachydermes. Du coup, voyant venir l'accession des éléphants au titre suprême, la nature leur impose un dernier défi : il  ne s'agira plus d'affronter d'autres animaux, mais plutôt des étoiles - et des étoiles noires de surcroît ! Autant dire un combat déséquilibré... Tout logiquement, les étoiles, particulièrement filantes et insaisissables, donnent le tournis à la rangée d'éléphants, espérant la faire s'écrouler par le vertige. Mais les pachydermes s'accrochent de toute la puissance de leurs pattes au sol devenu glissant de la jungle. Le combat durera ainsi des minutes, des heures... un moment interminable ! Jusqu'à ce que l’arbitre suprême décide de mettre fin aux débats par l'épreuve fatidique des tirs aux buts. Il s'agira pour les étoiles noires de tenter de filer entre les pattes des éléphants, et pour ceux-ci, de tester leur adresse en décrochant les étoiles à l'aide de pierres projetées par leurs trompes. Cet exercice, qui a très mal démarré pour les pachydermes, se termine finalement - et contre toute attente - par leur triomphe. Et voilà donc l'éléphant redevenu roi de la jungle vingt-trois lunes plus tard...!

Bon O. K., ça c'était pour le côté imagé de l'histoire. A présent, quittons un peu la nature sauvage pour revenir en ville. 
26 janvier 1992 - 08 février 2015. Vingt-trois ans... Plus de deux décennies que la Côte d'Ivoire attend ça. Un deuxième sacre, une deuxième étoile sur son maillot ! Rien ne prédisait pourtant que le scénario serait aussi glorieux pour les nôtres. Échec au mondial 2014, changement de coach dans la foulée, tâtonnements sur la mission à confier au nouveau coach, phase éliminatoire à la limite du catastrophique, matches de préparation peu convaincants, des tonnes et des tonnes d'incertitudes sur le niveau de l'équipe avant d'entamer la compétition. Tout naturellement, on a frôlé la catastrophe durant les deux premiers matches, d'autant plus que c’était face aux deux équipes données comme jouables dans la poule. Et pour se dire la vérité, nous n'étions vraiment pas nombreux à croire en notre équipe au moment d'affronter le Cameroun. Mais c'est, je crois, ce jour-là qu'est véritablement née la nouvelle équipe, cette équipe fonceuse, rageuse, gagneuse... Ce jour-là, déjouant tous les pronostics, la Côte d'Ivoire sort le Cameroun. 
Mais que dire de la suite ? Dimanche 1er février 2015, la Côte d'Ivoire affronte l'Algérie. Auréolés de leur prestation remarquable lors du mondial brésilien, les fennecs, forts de leur position de nouveau 1er africain, sont logiquement présentés comme les favoris. (Ils le sont d'ailleurs depuis le début de la compétition.) Mais la vérité du terrain n'est pas celle des statistiques. Au terme des 90 minutes, c'est bien la Côte d'Ivoire qui va en demi-finales. Avec une leçon tactique digne des plus grands noms du coaching mondial, Hervé Renard se montre bien plus malin que Gourcuff. Place donc au dernier carré face aux léopards congolais, de vieilles connaissances... Si chacune des deux équipes a battu l'autre sur son terrain lors des éliminatoires, la victoire de la RDC a paru bien plus retentissante. C'est donc avec un maximum de confiance que les fauves s'en prennent aux pachydermes. Mais à l'arrivée, et suite à une nouvelle leçon tactique de Renard, c'est bien les éléphants qui s'ouvrent les portes de la finale. Et c'est là qu'on se met à croire à une répétition du scénario de 1992, puisque dans le même temps le Ghana apparaît comme largement favori dans l'autre demi-finale qui l'oppose à l'invité surprise - ou plutôt surpris - de pays organisateur.
Le soir du 08 février, comme prévu, c'est le Ghana qui se pointe face à la Côte d'Ivoire. (Mais avant cela, dans la soirée du 07 février, un reportage a été diffusé sur RTI 2 dans lequel Hervé Renard expliquait comment il avait réussi à battre la Côte d'Ivoire avec la Zambie lors de la finale de 2012. Il disait en substance qu'il savait d'avance qu'il jouerait contre une équipe plus forte, et qu'il avait donc mis en place une tactique pour contrer le jeu adverse jusqu'à l'épreuve aléatoire des tirs aux buts. Il fallait donc s'attendre à ce que la Côte d'Ivoire ne fasse pas le jeu face à la fraîcheur physique et à l'insouciance de la jeunesse ghanéenne.) Pour les éléphants, il fallait surtout être plus que solides en défense en espérant avoir le même tranchant sur les contre-attaques que lors des deux matches précédents. Mais que ce fut dur...! Le beau jeu a été évidemment du côté ghanéen tandis que la Côte d'Ivoire, moins incisive sur ses attaques, rompait en défense mais heureusement sans plier. Avec en plus un brin de chance, les ivoiriens réussissent à contenir les ghanéens jusqu'aux tirs aux but. A ce moment là, on se dit que l'histoire est en train de se réécrire et que si les ghanéens devaient s'adjuger le Graal, ils l'auraient fait au cours même des 90 minutes réglementaires. Mais suite aux deux premiers tirs de la Côte d'Ivoire, le sang semble s'être asséché dans les veines des supporters ivoiriens. On semble en effet plus proche d'un remake de 2006 ou de 2012 que d'un 1992 bis. Nombreux parmi nous ont même arrêté de suivre la séance, persuadés que le trophée avait déjà pris la route de Accra. Mais Dieu semblait de nationalité ivoirienne ce soir, car la suite des événements relève tout simplement du fantastique. Sinon, comment expliquer que le Ghana, avec deux tirs au but d'avance, se fasse rattraper et même battre in fine ? Et c'est finalement Barry Copa, le mal aimé et relégué sur le banc depuis le début de la CAN, qui est le héros de tout un peuple après avoir arrêté deux penalty (du jamais vu !) et surtout marqué le penalty de la victoire. Explosion de joie et scènes démentes dans les rues des villes du pays tout entier. Les vibrations se ressentent même jusque très loin, dans les logis des ivoiriens de la diaspora. Après vingt-trois ans d'attente et deux rendez-vous manqués, elle sera finalement là, la coupe d'Afrique des nations, sur les bords de la lagune ébrié. 
Bravo, champions ! Mention spéciale à Hervé Renard qui rentre dans l'histoire comme le premier entraîneur à remporter la CAN avec deux équipes différentes, et surtout à trois ans seulement d'intervalle. Bravo à lui pour avoir su allier parfaitement jeunesse et expérience et avoir fait de cette équipe expérimentale une machine à gagner. Bravo à tous ces jeunes qui intégraient la sélection et qui, bien que disputant seulement leur première CAN, se sont convenablement fondus dans le collectif. Oui, bravo à Gohouo, Bailly, Kanon, Tallo, Aurier, Serey Dié et j'en passe pour votre sang-froid déconcertant même dans les situations les plus chaudes. Aux âmes bien nées, la valeur n'attend vraiment pas le nombre d'années... Bravo également à vous, les gars de la transition inter-générationnelle : Gervinho, Kalunho, Bony, Gradel, Tioté, Doumbia et tous les autres pour votre implication et votre combativité. Bravo aux anciens Copa, Kolo, Yaya, Chico pour votre vision du jeu et la voie tracée pour les générations à venir. La nation vous remercie pour la joie que vous venez de lui procurer et qui restera gravée dans son cœur. Bravo aussi à tous ces grands noms qui ont dû raccrocher les crampons ou qui n'ont pas été sélectionnés pour cette CAN, mais qui ont contribué, à travers leurs prouesses, à hisser notre équipe nationale au sommet du foot africain. Je pense à Drogba, Zokora, Romaric, Eboué, Kader et bien d'autres. Cela aurait été tellement beau que certains parmi vous soient présents hier au stade de Bata pour soutenir vos cadets. Mais bon... Merci à la fédération, au ministère et à tous les acteurs du football ivoirien pour les moyens mis à la disposition des nôtres afin de nous ramener le trophée tant convoité à l'échelle continentale. Merci à Ben Badi, Gadji Celi, Didier Otokoré, Gouamené Alain, Aka Kouamé et à toutes les anciennes gloires du football ivoirien pour avoir insufflé à ces jeunes l'esprit de 1992.
Vive les éléphants ! Vive la Côte d'Ivoire qui gagne ! Et rendez-vous en 2017 !

PS : Je n'aurais su achever cet article fort émouvant sans m'adresser aux sapeurs de moral. Oui, à tous ceux qui pensent que cette victoire n'est que celle d'une partie de la Côte d'Ivoire, laissez-moi vous dire que les joueurs qui composent notre équipe viennent de toutes les régions, de tous les villages, de tous les hameaux de Côte d'Ivoire. C'est donc bel et bien la coupe de toute la nation ivoirienne et c'est vraiment dommage de vouloir s'exclure de cette fête.
Pour ce qui est de la récupération politique, c'est quelque chose d'heureusement ou de malheureusement inévitable. Houphouët s'est bien vanté d'avoir été le premier président à voir donné la CAN à la Côte d'Ivoire. Gbagbo également s'est quasiment approprié la première qualification de la Côte d'Ivoire à un mondial. Comprenez donc que Ouattara en fasse de même après l'avoir surtout manqué d'un cheveu en 2012. Tout chef d’État sous le mandat de qui la nation remporte quelque chose de glorieux aura toujours tendance à le ramener à sa propre personne. C'est bien cela la politique... Laissez donc la politique aux politiciens et savourez sans ambages ce trophée qu'on a trop longtemps attendu. Vive l'esprit sportif et à bon entendeur, salut !

samedi 13 septembre 2014

Cameroun vs Côte d'Ivoire : la correctionnelle...


Mercredi 10 septembre...
Nous sommes à la veille du fameux 11 septembre de Ben Laden. Et une autre catastrophe vient de se produire, cette fois au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Non, rassurez-vous, ce ne sont pas des terroristes qui viennent de faire sauter le stade. (En Afrique, on n'a pas besoin d'eux pour dégrader nos infrastructures...) C'est plutôt l'équipe nationale de football du Cameroun qui, démontrant une fois de plus la vanité du classement FIFA, vient d'infliger une mémorable correction à son homologue de la Côte d'Ivoire. Oui, même si l'on ne vend plus bien cher la peau de l'éléphant d'Afrique depuis qu'un certain DD a tiré sa révérence, nul n'aurait pu prédire que notre pachyderme prendrait quatre marques aussi profondes des crocs de la meute de lions.
Bon, pour comprendre sportivement les raisons de cette débâcle, je vous invite à vous référer à cette analyse de la prestation de chacun des joueurs de la Côte d'Ivoire au cours de ce match.

- Barry Copa n’a pas eu le compas dans l’œil 
- Arthur Boka était sous l’effet de la Bock 
-  Lamine Koné a été laminé par les attaquants adverses 
- Bamba Souleymane était souley comme d’habitube 
-  Serges Aurier était perdu comme une feuille de laurier dans du riz gras 
- Yaya Touré était trop entouré 
- Cheick Tioté pensait plutôt à son chèque 
- Max Gradel se croyait plus à un festival de masques 
- Akpa Akpro (Bon, avec un nom comme ça là, comment ton jeu va pas être bizarre ? En plus, on peut même pas faire jeu de mots ?) 
- Gervinho a un peu trop forcé sur le vigno (Mais il va faire comment, c’est son carburant oh !)
1    - Bony Wilfried n’a pas pu bonifier une seule occasion
1    - Doumbia Seydou a vu que c’est pas toujours c’est doux
1    - Brice Dja djédjé aurait dû faire la musique comme Ernesto Djédjé
1    - Roger Assalé n’a rien pu faire pour empêcher que la note soit très salée.

      Voilà donc qui explique pourquoi les éléphants ont perdu leurs ivoires. La crainte c'est que désormais les lions, les panthères, les aigles, et même les écureuils, varans, vers de terre ou encore escargots fassent de ces éléphants édentés ce qu'ils veulent...

mercredi 9 juillet 2014

Brésil vs Allemagne, les à-côtés du match...

Nous sommes à quelques minutes du coup d'envoi de la 1ère demi-finale tant attendue du mondial 2014. Le Brésil, pays hôte, s'apprête à recevoir l'Allemagne. Partout dans le pays, l'union sacrée est faite autour de l'équipe en quête de sa sixième étoile. Et on prépare déjà tout pour la grande fiesta d'après-match. En attendant, je vous emmène faire un petit tour dans les différents vestiaires...

Vestiaire brésilien...
- Bon, les gars, je compte sur vous pour leur mettre une raclée. Actuellement, ils pensent qu'on est affaiblis parce que Neymar et capi Thiago sont absents. Mais c'est aujourd'hui qu'ils vont voir qu'on peut former dix équipes nationales, tellement on a joueurs.
- Oui, coach, ils vont voir couleur tout à l'heure, renchérit le nouveau parisien chevelu. Ou bien, les gars ?
Et ses coéquipiers poussent ensemble leur traditionnel cri de guerre.
Ronaldo R9 et Ronaldhino, alias La Chakala, sont également présents pour apporter leur soutien moral à leurs cadets.
- Moi, je vous demande une seule chose. Leur Klose là, empêchez-le de marquer dèh ! Faut pas il va battre mon record le soir là. Façon qu'on est à égalité là même m'énerve déjà trop.
- Non, t'inquiète, grando. C'est sur mon corps il va passer pour marquer, rassure l'autre chevelu de la défense centrale. Je les connais bien, ces gens. Tu oublies que je joue dans leur club ou bien ? Si c'est pas pour boire bière là, ils savent rien faire d'autre.
Eclat de rire général.
- Attendez, attendez, là on m'apprend que la Prési Dilma vient d'arriver. Djo, vous avez intérêt à prouver dèh ! Parce que celle-là, elle tarde pas à doubler les primes.
Il n'en faut pas plus pour arracher de nouvelles clameurs au petit groupe. Et c'est dans cette ambiance que joueurs et staff technique sortent du vestiaire.

Pendant ce temps, dans le vestiaire de l'adversaire...
- Bon, les gars, on y est. Vous même vous voyez comment on est critiqués depuis la phase de poule. Vous jouez on dirait que vous n'avez pas envie de jouer. Jusqu'à deux fois même, des africains ont failli nous donner la honte. En tout cas aujourd'hui là, jouez ballon dèh ! Même si on perd, faut que les brésiliens prennent leur qualification dans le feu.
- Tu as entendu non, Schürrle ? Tes cheveux on dirait qu'ils ont allumé feu sur ta tête là, c'est à toi qu'on parle, taquine Özil.
- Toi, tu n'as pas dit tu es bête ? Est-ce que tu m'as vu sur la liste des titulaires ? Faut pas plutôt penser à muscler un peu ton jeu de pédé là, rétorque le pensionnaire de Chelsea FC.
- Oh, arrêtez-moi ça ! On vous parle sérieusement et puis c'est palabre inutile vous faites, interrompt le coach.
Les deux gamins font profil bas.
- Bon, les doyens, vous même vous voyez le boulot qui vous attend non ? Non seulement vous devez tenir la dragée haute à l'adversaire, mais en plus faut discipliner un peu ces petits fébriles là. Je peux compter sur vous, hein ? Lahm ? Hummels ? Klose ? Schweinsteiger ?
Les nommés acquiescent d'un signe de la tête.
- OK, Neuer, toi y a rien à dire. Faut continuer à bloquer leurs tirs et puis n'hésite pas à sortir comme contre l'Algérie au cas où tes défenseurs sont débordés.
- Compris, coach.
- OK, on me fait signe qu'on doit y aller. N'oubliez pas que ces gars nous ont privé du trophée en 2002. Et même si cette année c'est chez eux, ne soyez pas du tout intimidés. Jouez ballon, OK ?
Un cri de guerre s'élève également dans la petite pièce.

Cinq minutes plus tard, voilà les deux équipes sur la pelouse, prêtes à en découdre. Coup de sifflet et déjà le feu dans le camp allemand. Les brésiliens veulent montrer à toute la planète foot qu'ils peuvent jouer sans Neymar. Mais à force, ils s'exposent aux contres adverses. Et en la matière, les allemands sont vraiment redoutables et particulièrement inspirés ce soir. 5 buts en 29 minutes !!! Du jamais vu dans l'histoire de la coupe du monde et peut-être même du foot - bon, exceptés les scores non officiels des matchs dans nos petits tournois de quartier ou de village. Et c'est sur ce score que l'arbitre siffle la récréation. Au retour, les brésiliens essaient de faire douter l'adversaire en faisant le siège de son camp. Mais nouvelle erreur de débutant. A force d'acculer la Mannschaft, les Auriverdes prennent deux nouveaux buts avant de terminer le match en sauvant l'honneur par un but d'un autre joueur de Chelsea. Score final donc : 7-1. Bon, laissons le match qui aura vraiment été plus proche d'une séance d'entraînement des allemenads face à des piquets que d'une demi-finale de coupe du monde. Et allons plutôt dans les vestiaires pour décortiquer l'après-match.

Vestiaire allemand...
ça chante, ça danse, ça boit les bières... (Depuis la mi-temps même certains sont déjà dyyye...)
- Hé, mes petits, est-ce que vous réalisez ce que vous venez de faire même ? Sortir le Brésil de sa coupe du monde, surtout sur un tel score... Non, vous m'avez bluffé. Donc c'est comme ça que vous savez jouer ballon !
- Haï, coach, on voulait te faire la surprise. Tu sais, nous on aime les grands matchs. Toi même tu n'as pas vu comment on a giflé le Portugal du fameux ballon d'or là ? Et puis après ça on s'est un peu reposés face aux petites équipes. C'est ce qui leur a fait croire qu'on avait grandi ensemble. Mais tu as vu ce qu'on vient de faire encore le soir là, non ?
- Pendant le match même, j'ai un ami qui m'a appelé de l'étranger. Il venait de rentrer chez lui et il a cru que sa télé était gâtée quant il a vu le score à la mi-temps. Je lui ai dit que c'est nous on a gâté ça, confie un membre du staff.
Rire général dans la pièce surchauffée. Sur ces entrefaites, un type en costume entre dans la pièce.
- Señor Joachim, telefono por vous.
- Allô ! dit le coach en décrochant. Ah, madame la Chancelière ! Oui, je vous entends... Merci... Non, de rien... C'est les jeunes qu'il faut féliciter... OK... Oui oui... Ah ! Vous dites quoi ? demande-t-il tout à coup en écarquillant les yeux. Merciiiiiiiii !!! Oui, bonne nuit aussi à vous et que Dieu vous bénisse...!
A peine a-t-il raccroché qu'il se jette sur son adjoint.
- La Chancelière multiplie nos primes par dix !!!
- Wouhooo !!!
Tout le monde se jette sur lui. Et quand il réussit à se dégager, il a la tête toute lisse. Djaa, le coach portait perruque ! OK, mais dans la joie, personne ne semble y faire attention et il recoiffe rapidement sa chose.
- C'est pas fini hein, poursuit-il. Elle dit qu'elle donne à chacun une merco, une villa triplex, une pension de retraite, et surtout... le droit d'être polygame !
Cette fois, les gars manquent de renverser le coach par terre, tellement chacun laisse exploser sa joie.
- En fait, elle dit qu'elle est trop contente parce que chaque fois qu'il y a sommet de l'ONU, leur Dilma Rousseff là se moque de ses tenues.
Ce sur quoi, elle n'avait pas tellement tort...

Bon, passons dans le vestiaire d'à côté...
Ambiance glaciale des jours d'enterrement... Ils sont tous assis, le menton entre les paumes, le regard vague, l'air absent. Personne n'ose prendre la parole. Chacun a plutôt encore dans les oreilles les sifflets du public tout à l'heure. Chacun aurait préféré ne jamais être né, surtout en terre brésilienne. Ce pays qui avait toujours été qualifié de "pays du football" et où le sport roi était réputé être une religion était tout simplement en train de vivre un drame national. Beaucoup plus terrible qu'en 1950, lorsqu'il se faisait "voler" sa coupe par l'Uruguay voisin. A la différence que cette fois le ravisseur est venu d'outre-atlantique. Et personne même ne l'a vu venir...
- Bon, qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Au moins vous avez sauvé l'honneur.
Personne ne semble avoir entendu le coach. C'est vrai que pour trouver des propos réconfortants, il va devoir encore chercher un peu.
- Dans tout ça, ce qui me fait mal, vous avez laissé môgô là marquer son 16è but en coupe du monde, se plaint le soi-disant fenomeno.
- Toi, faut quitter là-bas ! C'est tout ce qui te fait mal, rétorque le gardien. On nous gagne, toi tu parles de record.
- Hé petit, faut me respecter hein. Un crochet du droit seulement, je te mets dans coma.
- Oh béouh là-bas ! Tu crois que tu me fais peur ? C'est respect hein...
- Oh, ça suffit là ! Vous ne vous êtes pas assez ridiculisés pour aujourd'hui ? Sortez pour aller voir un peu dehors. Tout le pays est consterné à cause de nous, de vous surtout. Ha, vous aussi, même si vous voulez perdre, 1-0 ou 2-1 était mieux. Maintenant, vous voulez que je regarde la presse comment pour faire la conférence d'après-match ? Et puis, la Présidente qui voulait qu'on gagne pour calmer les mouvements de rue... ça là, les gens vont tout casser en ville. Djo, démission est mieux hein.
- Faut partir même, vieux maudit là ! Donc toi seul tu voulais gagner deux coupes du monde quoi ? s'offusque l'un des plus jeunes de l'équipe.
- Hé Dieu ! Même les enfants comme ça peuvent me parler mal aujourd'hui, dit le vieux coach en levant les bras au ciel. Non, c'est bon, je m'en vais faire champ de cacao.
Sur ces mots, le vieil homme sort en claquant la porte, bientôt imité par les joueurs. Pendant ce temps, partout dans le pays, on se demande bien si on vient pas tout simplement de faire un mauvais rêve et que le match n'est pas plutôt prévu pour le lendemain...

Le cadeau du siècle est juste en dessous...

lundi 7 juillet 2014

Le 3ème match de poule




C’est bien souvent le grand sacrifié dans l’histoire des coupes de foot. Quelle que soit la compèt', le constat peut être généralement fait : ça joue moins bien la troisième fois. Oui, après avoir tout donné pour bien entamer la compétition, les équipes se servent en général du second match pour fixer leurs certitudes. Arrive alors le troisième match ; là où on est parfois déjà qualifié. C’est ainsi que coachs et staffs gâchent le spectacle à tout le monde en alignant des équipes de second choix, sacrifiant du coup le beau jeu. Que voulez-vous ? Il faut faire tourner, donner du temps de jeu à ceux qui ont peu joué ou pas du tout les deux précédentes fois et qui peut-être ne fouleront plus la pelouse de toute la compétition. D’autres fois, c’est pour éviter une éventuelle suspension à des joueurs clés déjà avertis. Pire, les 3èmes matchs de poule sont souvent le lieu de marchandages scandaleux entre équipes plus ou moins complices. Personne n’a oublié le fameux match de la honte entre la RFA et l’Autriche au mondial 82. C’est d’ailleurs ce qui amènera la FIFA à faire jouer les 3èmes matchs de poule en simultané. Mais le fair game est-il pour autant à l’abri ? Pas si sûr...

Bref, changeons de chapitre ! Oui, on pourrait nous rétorquer que les 3èmes matchs de poule ne servent pas qu’à faire tourner les effectifs ou qu'à dealer. C’est vrai qu’ils constituent souvent ce qu’on serait tenté d’appeler « des finales de poule ». C’est vrai qu’on se retrouve parfois dans des schémas où dans une poule l’une des équipes est déjà qualifiée après deux matchs et une autre, out. Le deuxième ticket se dispute donc entre les deux équipes restantes. Et là, amateurs de beau jeu, vous êtes servis. Ça part dans tous les sens. Ça se bat sur tous les ballons. Chacun veut poursuivre la compèt' et non trépasser si tôt. Cela vaut d’ailleurs à certaines équipes victorieuses de ces fameux matchs de feu de quitter la compétition dès le 1er match du second tour, tellement elles ont laissé des forces durant la lutte pour la qualif'.

Le 3ème match de poule est donc une partie à double visage : il peut se résumer en un match de gala ou plutôt prendre des airs de huitièmes ou quarts de finale. C’est même ce côté aléatoire qui en fait tout le charme. Alors messieurs, ne zappez pas systématiquement devant un 3ème match de poule. On ne sait jamais…