jeudi 29 octobre 2015

Conférence de presse post-électorale (1ère partie)


Les élections présidentielles tant attendues se sont déroulées dans le calme ce dimanche 25 octobre. Les résultats tant attendus sont tombés au cours de la nuit du mardi 27 au mercredi 28. Et le scénario tant attendu - le fameux "un coup K. O." - s'est réalisé en faveur du candidat sortant. Tout le monde s'accorde à dire que le pays vient de prendre un nouvel élan dans sa dynamique de reconstruction et de développement infrastructurel en vue de l'émergence annoncée pour 2020.
La salle est bondée de journalistes issus de toutes les presses nationales et internationales venues couvrir l’événement.
- Mesdames et messieurs, merci de nous suivre en direct du Golf Hôtel pour cette émission inédite, annonce le présentateur. Dans quelques instants, la parole sera donnée à chacun des candidats aux récentes élections présidentielles. L'enjeu de ce "jeu", si vous me permettez l'expression, c'est de recueillir ici les impressions des différents candidats suite aux résultats qui viennent d'être annoncés par la CEI. Ce "service après vente des élections", réalisé pour la première fois dans l'histoire journalistique de notre pays, a pour objet de montrer à la face du monde que juste après s'être empoignés durant la campagne électorale, il est possible de se donner l'accolade de la paix aujourd'hui. Le mode opératoire de notre séance consistera à recueillir les réactions des candidats selon l'ordre de mérite. Sans plus tarder, nous nous tournons donc vers le nouveau président de la République de Côte d'Ivoire qui, vous l'aurez remarqué, n'est pas si nouveau que cela en fait. Alors, monsieur Ouattara, vos réactions après cette très nette victoire.


- Merci, monsieur le journaliste. Eh bien, je puis vous traduire toute ma satisfaction après la proclamation des résultats. Il est vrai que nous avions prédit notre victoire dès le premier tour, mais il faut reconnaître que nous ne l'avions pas imaginée aussi écrasante. C'est à croire que nos adversaires ont battu campagne pour nous, lâche le président réélu avec son habituel fin sourire. (Éclats de rire dans le public, surtout au premier rang, chacun des proches du président voulant rire plus fort que les autres pour se faire remarquer en vue de la très prochaine distribution des rôles...)
- Justement, monsieur le président, vos militants expliquent votre score fleuve par l'adhésion de l'ensemble des ivoiriens à votre vision de la nouvelle Côte d'Ivoire. Pensez-vous que le tableau soit aussi simpliste ?
- Mais vous le dites si bien, monsieur le journaliste, les ivoiriens savent aujourd'hui que la Côte d'Ivoire émergente vient vers eux à grands pas. Et qu'il ne peuvent l'embrasser que s'ils marchent dans mes pas. Ce qui s'est passé ce dimanche dans les urnes n'en est donc que la pure traduction. Avec moi, c'est la naissance d'un ivoirien nouveau dans une Cote d'Ivoire nouvelle.
- Parlant de nouveauté, qu'entreprendrez-vous en termes de gouvernance sociopolitique ? Je dois rappeler que si tout le monde s'accorde sur vos performances économiques, les questions de justice et de réconciliation demeurent entières... Ah, excusez-moi, on me dit dans le casque que le temps de parole de notre premier intervenant est épuisé.
- Dommage, cher ami, vous auriez sans doute dû commencer par ce sujet, remarque le président avec un sourire qui semble pourtant traduire tout son soulagement de n'avoir pas eu à répondre à cette dernière question.
- O. K. Place maintenant à monsieur Affi. J'ai tout de suite envie de vous demander en langage ivoirien : "qu'est-ce qui n'a pas marché ?"


- Laissez-moi vous dire que tout a bien marché, mon ami. La preuve, nous sommes arrivés en deuxième position.
- Oui, mais avec un score tellement insignifiant que vous n'avez pas pu contraindre le président sortant à un second tour.
- Quel second tour ? Nous même on n'a jamais prévu de second tour...
- Ah bon ? Comment ca ?
- Mais qu'est-ce que vous croyez ? Alassane n'a pas le monopole du "un coup K. O." Nous aussi c'était dans nos plans.
- Quoi ? s'étonne le journaliste avec un fin sourire. Il semble que vous étiez loin du compte finalement...
- Qui vous a dit ça ? Sur 6 millions d'inscrits sur la liste électorale, seulement 3 millions ont voté. A votre avis, de quel bord était l'autre moitié d'abstentionnistes ?
- Euh... Je sais pas, moi.
- Ce sont des gens de notre camp, bien évidemment. Mais nous leur avons donné la consigne de rester à la maison pour éviter de nous faire gagner dès le premier tour. En fait, à la dernière minute, on a eu pitié d'Alassane. Il parle tellement de son affaire d'émergence qu'on n'a pas voulu lui gâcher son plaisir. Mais dès qu'il finit ses ponts là en 2020, vous entendrez à nouveau parler de nous. En plus, ça nous donne l'occasion de préparer le retour de notre président.
- Justement, certains observateurs expliquent votre déroute par un problème de choix de personne. Ils affirment que vous n'êtes pas un "animal politique" de la trempe de l'ex-chef d'Etat. Les gens ont donc préféré l'attendre plutôt que de vous donner l'occasion de vous approcher du fauteuil.
- Allez donc dire à ces gens qu'ils ont raté leur formation. Qu'ils aillent apprendre à nouveau à observer la scène politique. Moi, je suis écouté à tous les échelons de notre machine politique. C'est juste un calcul politique qu'on a fait.
- Je n'en doute pas, figurez-vous. Et j'en profite pour vous remercier de votre participation à ce temps d'antenne.
- Je me tourne à présent vers monsieur Kouadio Konan Bertin, dit KKB. Alors, monsieur KKB, sans aucun parti pris, je dois avouer que vous m'avez vraiment bluffé. Réalisez-vous que vous, un candidat indépendant, êtes aujourd'hui la troisième force politique en Côte d'Ivoire ?


- C'est vous seul que cela étonne, répond l'ex-disciple de Bédié après s'être raclé la gorge. Sinon, nous, nous savons quel travail de mobilisation nous avons abattu sur le terrain.
- Mais que répondez-vous à ceux qui estiment que vous n'avez fait que vous retrouver dans une situation favorable ?
- C'est-à-dire ?
- Je vous explique : ils prétendent que vous n'avez été soutenus que par ceux qui en veulent à Bédié pour ne pas avoir voulu présenter un candidat au nom du PDCI RDA. En plus, vous auriez récolté des voix de gens qui étaient censés soutenir Banny avant la défection de celui-ci.
- Cela n'engage que vous, monsieur. Moi, j'ai émis des idées qui ont séduit. Bédié et Banny font ce qu'ils veulent, c'est leur problème.
- Parlant des idées, laquelle pensez-vous avoir particulièrement séduit les électeurs ?
- L'attiéké, évidemment. Vous n'en mangez pas, vous ?
- Euh... Il me semble bien qu'il ne s'agit pas ici de mes préférences culinaires...
- Ah si, justement. Moi j'ai su toucher le véritable problème des ivoiriens : le ventre. Tout ce qu'on fait actuellement comme constructions dans le pays est bien beau, mais on n'a jamais servi de gravier et de ciment au petit déjeuner. Par contre, le bon garba au thon chaud est toujours au rendez-vous.
- Attendez soyons sérieux une seconde, monsieur KKB.
- C'est vous qui jouez actuellement. Allez demander à l'ivoirien lambda le poids économique de l'attiéké et vous entendrez sa réponse. Même les ivoiriens de la diaspora rêvent toutes les nuits d'attiéké à l'huile rouge.
- Attendez, vous ne comptez tout de même pas bâtir votre stratégie économique pour les futures échéances électorales sur une histoire d'attiéké là !
- O. K., écoutez-moi bien. Si un jour, je vous surprends au garbadrome, je vous filme avec mon portable et je balance tout sur Facebook. Je prends les ivoiriens à témoin...
- La régie, s'il vous plaît, une plage musicale avant de passer aux candidats de moins de 1%...

dimanche 4 octobre 2015

Qu'est-ce qu'un homme normal ?


Eh bien, un homme normal aujourd'hui, c'est celui qui a au moins une maîtresse et une copine, qui découche donc souvent, qui a signé un pacte de non agression avec l'alcool, qui aime traîner avec ses amis sous prétexte que l'air est plus pur dehors, qui ment aussi facilement que pour dire "bonjour", qui fait des promesses au milieu du mois alors qu'il attend désespérément la fin du mois... Mesdames, si vous avez un homme de ce genre, arrêtez de vous plaindre et remerciez le ciel. Oui, bénissez le Seigneur, car il vous a simplifié la vie en vous évitant les mauvais et les pires.
 Ces derniers, ce sont ceux qui vous font vivre des cauchemars. Ce sont ceux qui seraient prêts à coucher avec votre mère pour de l'argent, vous battent pour passer le temps, se droguent quotidiennement, sont impliqués dans des trafics et autres affaires louches...
Puis il existe une autre catégorie d'hommes. Ceux-là sont vraiment bizarres. Oui, on ne sait pas d'où ils viennent parce qu'ils ne font absolument rien de tout ce que je viens de citer. Mesdames, si vous en rencontrez un, ce n'est pas la peine de jubiler en vous disant que vous venez de rencontrer le meilleur des hommes sur terre. Indiquez-lui plutôt la direction du ciel, car il ne s'agit que d'un ange égaré sur la terre...

vendredi 2 octobre 2015

Finalement, le coupable c'est la vie...


La vie et la mort ont toujours été présentées comme deux facettes d’une même réalité : l’une heureuse, l’autre malheureuse ; l’une rayonnante, l’autre obscure…
On naît au milieu des sourires, des applaudissements, des cris de joie… Puis on part en faisant couler des larmes de tristesse et d’abattement. On franchit le pas macabre en déchirant les cœurs, en faisant réaliser des roulés-boulés de douleur à nos proches. Face à cette réalité mitigée, on célèbre logiquement la vie, on la magnifie. On se lie, on s’allie à la vie. Inversement, on en veut à la mort, on lui fait un procès, on la condamne…
La mort, on la déteste légitimement. On la hait. On la vomit… D’autant plus qu’on sait qu’elle nous attend et que l’on ne peut échapper à son souffle implacable. Cette faucheuse vient frapper autour de nous, coupant l'herbe sous le pied même des plus jeunes, brisant mille et un projets de vie en mille morceaux. La mort, on la maudit, on lui crache les imprécations les plus profondément enfouies dans le ventre de la terre. En fait, on réalise qu'elle n’est qu’un sursis ; la mort nous donne juste l’illusion d’être vivants…
Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie de blâmer la mort. Je la sais déjà si cruelle... Je veux plutôt parler franchement à la vie. Oui, lui parler entre quatre yeux. Pourquoi donc nous tend-elle ce piège ? Car finalement, on se rend compte que la mort n’a rien demandé. Elle était tranquille dans son coin. C’est la vie qui nous livre à la mort. Si on ne vit pas, on ne meurt pas. Et quand tu es né, tu es mort... C'est donc la vie qui nous vend du faux. C'est elle qui commence ce qu’elle ne peut terminer. Elle nous sert à volonté un enchantement auquel elle met lâchement fin en se tirant sans crier gare. La vie est en réalité coupable, oui coupable de meurtre. Ou plutôt coupable d'assassinat puisqu'elle a tout planifié dès le début. Oui, le jour même de notre naissance - mieux, dès l'instant même de notre conception - la vie a déjà prévu la date et les circonstances de notre livraison à la mort. Ah, la vie, quelle chienne ! Elle se joue de nous, elle abuse de nous, elle se fout de nous. Complice de la mort, va ....!
Puisque nous sommes des morts en puissance, vaut mieux se tenir à carreau. Oui, faut arrêter de se prendre pour le centre de la terre en s'arc-boutant sur nos piètres miettes de gloire. Qu'es-tu dans l'univers ? En réalité, ton corps dans l'univers est comme une goutte d'eau dans la mer. Elle pourrait bien s'en passer...
Cet article, je sais que je ne l'achèverai jamais. C'est pourquoi je veux à présent juste prier. Puisque la mort, quoiqu’on fasse, est un rendez-vous qu’on ne peut manquer, je demande au Seigneur de la retarder au maximum. Car même si la mort ne doit pas faire peur à de futurs morts, la mort précoce, elle, est terrifiante. Je prie donc Dieu de nous donner la grâce de réaliser nos projets et de faire oeuvre utile sur terre avant que le duo-duo vie-mort ne nous mette au centre de son jeu ténébreux. Prions, oui prions pour vivre vieux... Amen !

jeudi 24 septembre 2015

La Tabaski vue par les moutons

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Dialogue entre deux moutons à la veille de la Tabaski...
- Eh Allah ! Si seulement demain pouvait ne pas arriver...!
- Hum, faut rêver seulement. Depuis l'instant où on t'a attaché à ce poteau, tu devais t'attendre à être sacrifié le jour de leur fameuse fête là. Moi, je suis plutôt pressé que le jour se lève pour qu'on en finisse.
- J'admire vraiment ta bravoure. Mais moi, je ne suis pas encore prêt pour mourir. Pourquoi si jeune, snifff !?
- Tu crois que les hommes ont consulté ton extrait d'acte de naissance avant de te programmer ? Laisse-moi donc rire. Même s'ils avaient eu ton petit frère, ce serait pareil. A plus forte raison toi qui as déjà commencé à chercher femme.
- A ce propos, j'ai même pas eu le temps de dire au revoir à ma chérie coco. Si je savais j'allais faire mon dernier coup en même temps la dernière fois qu'on s'est vus.
- Toi tu es vraiment bête comme mouton quoi ! On te parle de machette qui attend ton cou, et toi c'est à position de saute-mouton tu penses. Vraiment...
- Faut pas m'insulter ici hein. Toi au moins, tu as eu le temps de préparer ta succession. Moi je vais mourir sans héritier.
- Ah, tu as vu non ? Vous les petits frères, quand on vous dit de préparer l'avenir là, vous passez votre temps à utiliser des contraceptifs. Tu as vu maintenant non ?
Le plus jeune sanglote encore un moment.
- Je viens d'avoir une idée. Mais est-ce que ça là même c'est possible ?
- Raconte !
- En fait, comme ils ne mangent que la viande halal, je me dis qu'il est préférable que je me suicide. Comme ça au moins, ils ne vont pas me braiser...
- Je pensais que tu avais quelque chose d'intéressant à dire, or tu es toujours dans tes bêtises là. Qu'on te fasse frire ou que tu te suicides, mort c'est pas mort ?
- Oui, mais c'est mieux de ne pas se faire bouffer. Je préfère être enterré.
- Ou plutôt jeté dans le premier égout. Et puis, avec quoi tu comptes te suicider alors même que tu es attaché ici ?
- Je pense à trouver un poison.
- Ah, tu en vois qui traîne par ici ?
- La peinture qui est sur ce mur par exemple.
- Je vois que tu n'as vraiment rien compris au cours de physique-chimie du maître Boigny. Qui t'a dit que la peinture est un poison ?
- Juste pour tenter voir.
- Ecoute, rends-toi plutôt utile. J'ai le dos qui me démange actuellement. Pardon, faut passer derrière moi tu vas gratter un peu.
Le jeune mouton s'exécute. Et tout à coup, il a un éclair.
- Grand frère, je crois que je viens de trouver l'idée qui va vraiment nous sauver !
- Pardon hein, je suis fatigué d'écouter tes âneries.
Le petit fait à peine attention à l'humiliante comparaison avec l'âne, plutôt lancé dans sa dynamique salvatrice.
- Ecoute-moi, je t'assure que tu vas pas regretter.
- Ouais, cause toujours. 
- Voilà, vu ma position actuelle, je me dis que les hommes seraient tellement choqués s'ils nous trouvaient en train de nous accoupler qu'ils nous relâcheraient sans hésiter.
Le plus âgé marque son admiration par un bêlement des plus saccadés.
- Pas mal, ton idée ! T'es pas si bête que ça finalement. Oui, déjà qu'ils condamnent l'homosexualité entre humains, c'est pas en nous voyant faire ça qu'ils auraient envie de nous manger... Mais entendons-nous bien, c'est juste parce qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort hein, sinon moi aussi je suis homophobe.
- Et moi donc ! Tu penses que ton popotin bizarre là m'attire vraiment ? D'ailleurs, je te cède la place du mâle dans cette affaire. 
- Est-ce que tu as le choix ?
- C'est juste parce que je n'ai pas envie de sentir ta bourse pendouiller.
- O. K. On commence dès le lever du jour. Essaie de ne pas trop dormir.
- Sinon, tu sais comment me réveiller, non ?
Et, ragaillardis, ils attendent patiemment le chant du coq pour infliger à leurs tortionnaires le choc de leur vie...


dimanche 30 août 2015

Le (bon) père de famille


Il est le premier à sortir. Et le dernier à rentrer...
Très souvent incompris, mésestimé, le père de famille est pourtant celui qui fait évoluer la cellule familiale à divers niveaux. Il a effectivement un rôle primordial à jouer dans sa maison. Il pense la stratégie à mettre en place pour tirer constamment les siens vers l'avant. Que ce soit au niveau financier comme à celui de l'éducation (scolaire, sociale, religieuse...) des enfants, il se doit de répondre toujours présent. Il est celui que tout le monde regarde quand il s'agit de régler un problème. Il est donc le seul qui vit constamment sous pression. Pourtant, il ne reçoit pas toujours la juste récompense de ses efforts acharnés.
Du haut de son rôle de rempart, le père de famille ne doit descendre dans l'arène que quand cela s'impose. Il doit ainsi se garder d'intervenir dans des affaires futiles. Il ne doit prendre la parole que pour trancher ou décider utilement. Mais il ne doit pour autant se transformer en tyran s'il ne veut voir imploser son édifice familial. Le bon père de famille est en somme celui qui joue au mieux ce rôle d'équilibriste consistant à souffler alternativement le chaud et le froid. La famille ainsi emmitouflée dans ce cocon permanent de tiédeur ne s'en portera que mieux.
"Il sort trop !", aiment elles souvent à se plaindre. Mais qui choisiriez-vous, mesdames, entre un homme qui sort pour aller chercher la pitance quotidienne des siens et un autre qui reste allongé dans le divan pour attendre la manne céleste ? Soyons bien réalistes ! Bien sûr, l'argument suivant est : "Il ne sort pas que dans l'intérêt de la famille, mais plutôt souvent pour aller s'amuser avec ses amis et/ou des minettes". Oui, c'est souvent vrai. Mais sachez, chères mesdames, que le poids de la responsabilité qui pèse sur les épaules de votre homme est tellement lourd à porter qu'il est parfois important pour lui de s'en décharger pour souffler un peu et s’oxygéner les méninges. L'homme aura donc toujours ce réflexe d'évasion. Il vous appartient de lui apporter le soutien dont il a besoin plutôt que de lui offrir le spectacle inutilement bruyant d'une scène de ménage. Seule une attitude conciliante vous fera garder votre homme, car le réflexe du bras de fer n'a jamais servi à régler un problème.
Le père de famille a juste besoin d'être écouté, respecté. C'est cela seul qui disposera son cœur à rendre sa famille heureuse...

PS : Mon message ne concerne pas tous ces pères de famille qui ont démissionné de leur noble rôle et qui ne se résument plus qu'à des épaves humaines...!

vendredi 14 août 2015

Microbes, brouteurs... réincarnations bestiales


Le zoo s'invite en ville... Ç'eût été un bon titre pour un film-rires sur Canal+ Family si la situation n'avait été particulièrement dramatique.
Des lâches qui, sans relâche, arrachent des vies. Des apaches égarés dans la capitale qui gâchent tant de constructions existentielles. Des monstres qui se cachent et tâchent des destins promis à rayonner... Telle est l'actualité dans nos vies menacées.
Les hommes se sont transformés en bêtes ! Oui, les âmes humaines sont maintenant cousues du fil de la bestialité et du parasitisme. Sinon comment comprendre que des hommes vraiment dotés de leur humanité puissent se délecter d'un spectacle aussi macabre ? Comment admettre que l'on puisse dépiécer son prochain juste pour du matériel que l'on sait pourtant d'avance périssable ? Les hommes sont tombés sur la tête, et cette fois c'est au sens propre. Seul un cerveau embrouillé après une chute pourrait en effet émettre des pensées aussi diamétralement opposées à la vertu.
A l'image du bétail qui broute insatiablement l'herbe grasse, à l'image du microbe qui infecte sournoisement l'organisme, des hommes agressent d'autres hommes, répandent leur sang, gangrènent leur quotidien, les font vivre dans la psychose. Aujourd'hui, on sort de chez soi sans savoir si on rentrera, sans pouvoir assurer aux nôtres qu'on n'est pas en train de leur dire adieu. Parce que des humains ont décidé de se déshumaniser, nos vies sont devenues des parties de cache-cache.
L'éducation, c'est vraiment ce qui conduit au développement. C'est très clairement parce que ces gens présentent des symptômes sérieux d'inculture et d'ignardise qu'ils en sont arrivés à considérer leurs prochains comme des bêtes de sacrifice. Bien sûr, il faudra muscler la répression. Il faudra les traquer, les débusquer. Il faudra les mettre hors d'état de nuire. Mais il ne suffira pas de les arrêter, de les brimer, de les condamner, de les enfermer, voire de les exécuter... Il faudra surtout les éduquer. Il faudra vraiment arriver à leur inculquer des valeurs, des principes de vie. C'est cela seul qui leur fera voir les hommes comme ce qu'ils sont réellement : des hommes. Et il faudra le faire vite. Avant que toute la jungle faunique ne débarque en ville...!

dimanche 26 juillet 2015

Le poulet, sponsor officiel de la drague en CI


Déjà qu'il est assez largement prisé dans les moments de grande réjouissance (anniversaires, baptêmes, mariages, etc) et dans les situations difficiles (funérailles, etc) voire obscures (sacrifices et autres rituels), le poulet tend à jouer un nouveau rôle dans le quotidien des Ivoiriens.
Tout commence par une rencontre physique - ou virtuelle, si l'on tient compte de la montée en puissance des réseaux sociaux. Ensuite se met en marche la machine de la drague. A ce niveau, les mecs semblent rivaliser en inventivité tant les techniques de séduction sont diverses et variées. Mais quelle que soit la méthode utilisée, arrive bien vite la phase de détermination d'un lieu de rendez-vous. Le jour J, on finit donc par se retrouver, on entre dans l'établissement, on prend place, on commande à boire, puis l'histoire se répète au moment de choisir le plat. Là, neuf filles sur dix demandent sans hésiter du poulet. Pourquoi donc s'acharnent-elles autant sur ce pauvre animal ? Est-ce vraiment parce que sa chair est plus succulente que toutes les autres ? Ou est-ce juste parce qu'elles veulent plumer ceux qui les invitent ? La réponse n'est pas évidente...
Toujours est-il que le poulet est l'accompagnateur favori des rendez-vous galants, à Abidjan notamment. Sa consommation semble adoucir la causerie, préparer les esprits et les corps à la suite de la soirée... Et s'il est avéré que les filles trouvent son goût exquis, le constat est bien amer quand on se met du côté du poulet. Que de vies perdues au quotidien... Pire, quand vient le week-end, c'est carrément l'hécatombe ! A l'évidence, le gallinacé a eu tort de poser ses valises parmi les hommes. Oui, il doit penser chaque soir au coucher du soleil à son triste sort tandis que les perdrix et autres parents proches, qui ont choisi la vie broussarde, ont une espérance de vie plus longue. Même les récurrentes épidémies de grippe aviaire dont il est victime ne semblent en rien freiner la frénésie des Ivoiriens au moment de mâcher sa chair. Et vu que sa classification comme espèce protégée en Côte d'Ivoire ne semble pas pour maintenant, le pauvre poulet continue de souffrir, souffrir, souffrir...
Rappelons-le, l'ennemi numéro un du poulet aujourd'hui en Côte d'Ivoire est la gent féminine. Et c'est peut-être par une espèce de vengeance post-mortem que le poulet met généralement ses consommatrices dans la dernière position qu'il avait avant de finir dans leurs assiettes. Que l'on ne s'étonne en effet pas de voir une fille qui a mangé du poulet piqué être, quelques temps plus tard, à son tour piquée au-dessus des flammes de la volupté, de même que celle qui a croqué un demi-poulet se retrouve allongée sur le flanc, à subir une invasion dans l'arrière-train. Je ne parle même pas de celle qui, après avoir osé manger un poulet entier, se retrouve écartelée, à la merci d'un partenaire animé du désir revanchard de rattraper ses récentes sorties d'argent.
C'est pourquoi, il convient d'achever cet article ainsi : aussi longtemps que des Ivoiriens dragueront des Ivoiriennes, celles-ci se déchaîneront sur le poulet ; et peu après, le poulet, du fond de leurs estomacs repus, les poussera à adopter des positions de poulet.