jeudi 9 janvier 2014

Les disparus de Sylvestre... Ceux de trop !




          
Corps inanimés ou, au mieux, particulièrement meurtris... Vêtements, sandales et autres accessoires éparpillés... Installations sécuritaires (?) dévastées... Le décor est digne d'un champ de bataille. Mais, non ! Nous sommes plutôt là où l'on a inventé depuis peu le "champ de bousculade". Souvenez-vous, après-midi du dimanche 29 mars 2009, même lieu et à quelques heures près : Côte d'Ivoire vs Malawi... Comment en est-on à nouveau arrivés là, à cette extrême...?
Etourdis par le trop-plein de lumière, embrouillés par les éclats d'artifice, hypnotisés par les promesses de lendemains meilleurs, des curieux ne seront entrés dans le nouvel an que pour quelques minutes. La faute à leur désir d'oublier un tant soit peu leurs affres quotidiennes pour s'évader, le temps d'une projection de couleurs dans le ciel obscurci par des ressentiments que nous n'avons pas daigné laisser mourir avec l'an 2012. Moi, je continue de m'interroger... Le choix de l'évasion est-il le meilleur lorsqu'on a une réalité des plus impitoyables qui nous attend à notre retour à la mesure des choses ? Si oui, a-t-on vraiment besoin de parcourir des kilomètres, surtout avec toute sa famille, pour aller admirer quelque chose qui apparaît plus truculent lorsqu'il est vu loin de l'endroit où il se déroule, chez soi par exemple ? Diantre ! que foutaient donc ces vieillards, ces femmes enceintes, même ces bambins dans un espace clos et littéralement surchargé au-delà des minuit, fût-on à l'orée d'un nouvel an ? Loin de vouloir m'acharner sur des âmes déjà évaporées et sur des anatomies déjà soumises à rude épreuve, ces mots pour exprimer juste mon ras-le-bol de ces comportements trop peu responsables qui nous coutent aussi niaisement ces nombreux blessés et ces pertes massives en vie humaine. 
                               
Par ailleurs, sans vouloir entrer dans le débat par trop vaseux et infructueux du "Qui a fait quoi?" (laissons les politiques s'embourber dans leurs boueuses élucubrations) et sans attendre non plus que se referme pour une fois une enquête ouverte en la matière sous nos cieux (les habitudes ont la peau tellement revêche par ici), je voudrais juste qu'on s'incline en ce premier jour de deuil national sur la mémoire de ces nouveaux disparus en masse. 
Puisse la terre de plus en plus gloutonne d'Eburnie s'en repaître pour ne pas nous en redemander de sitôt... Egalement, prompt rétablissement à tous ces nouveaux pensionnaires des CHU.
Et, plus jamais ça!


PS : article re-daté pour cause de suppression involontaire

SODECI : la goutte d'eau qui fait déborder le vase...



 
"L'eau est source de vie", a-t-on coutume de dire...
Mais, qu'en advient-il lorsqu'il y a plus de bacilles que d'atomes d'hydrogène dans l'eau qu'on vous sert au quotidien ? 
"Nous vous servons de l'eau potable depuis 1960", ai-je lu récemment sur l'affiche. Une chose est sûre, je n'étais pas encore né à cette époque pour me risquer à la critique. (Cela dit, il me vient à l'idée de me renseigner auprès des doyens.) Mais depuis que mes yeux "voient clair", je n'ai jusqu'à ce jour consommé qu'une eau dont la qualité n'a pas toujours été exempte de soupçons. Si elle ne pue pas fortement le bactéricide, c'est qu'elle présente une coloration étrange - or on m'a toujours enseigné que l'eau est inodore et incolore. Plus récemment même, on a eu à déplorer dans une commune de la capitale économique le désastre d'une eau excrémentielle s'écoulant des robinets... Bref ! l'affaire est grave.
D'ordinaire, la qualité de l'eau est l'un des éléments de différenciation entre l'hydraulique villageoise (qualifiée de précaire ou encore d' "à risque") et celle urbaine (estampillée "potable"). Mais cette distinction spatiale vaut-elle vraiment encore de nos jours ? Ce que je constate, c'est que moi qui vis en ville souffre des mêmes maladies hydriques que mon frère au village. Aujourd'hui, choléra, dysenterie et autres diarrhées "ordinaires" paraissent même se plaire plus en ville qu'au village. Si cela peut avoir l'avantage de freiner un tant soit peu l'exode rural, il faut peut-être commencer à s'inquiéter pour les populations urbaines.
C'est sans doute à force de se prendre à chaque fois une douche sur la qualité de l'eau proposée aux ivoiriens que la SODECI a décidé d'interrompre purement et simplement la desserte d'eau dans certaines zones de la capitale. Cela peut paraître un peu expéditif comme argument, mais que voulez-vous que l'on se dise lorsque des populations qui avaient de l'eau hier sont obligées aujourd'hui, en pleine ville et durant plusieurs jours, d'avoir à s'éprouver la peau du crâne avec la charge des bassines et autres récipients ?
La réalité aujourd'hui, c'est donc manque d'eau ou, lorsqu'il y en a un peu, eau douteuse. Il est donc plus que jamais temps de réagir, messieurs les gouvernants. Afin que soit rompu le monopole dans la distribution de l'eau si la SODECI continue à nous martyriser de la sorte. Sinon, prévenez-nous à temps pour qu'on puisse se creuser des puits dans nos cours avant que la soif ou la maladie ne nous emporte...

PS : article re-daté pour cause de suppression involontaire.